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lettre

Ma chère amie,

Je suis désolé de ne pas avoir pu te répondre plus tôt, je pensais à moi-même. Je pensais à toi...aux autres, mais surtout à moi. Pour tout t'avouer j'ai menti, oui je t'ai menti comme j'ai menti aux autres. Je suis toujours aussi triste qu'avant, autant que le premier jour. Je ne sais pas quoi faire d'autre qu'attendre que cela passe, mais j'ai peur également, je pense de plus en plus à mourir, je ne me vois pas vivre plus longtemps. Je te le dis par lettre tu dois t'imaginer que ce que je fais est stupide non? Si je voulais vraiment mourrir je ne t'écrirais pas, tu dois te dire que je cherche de l'aide. C'est vrai...j'en cherche, je lui ferait du mal si je devais partir. Je ne bois plus pour oublier ma peine, je ne veux pas que ces souvenirs s'en aillent, ils me réchauffent le coeur mais en même temps me blessent au plus profond de moi. Revoir son sourrire, juste son visage souriant...ce serait pour moi le plus beau des cadeaux. Vraiment ça m'emplirai de joie.
Tu sais, je me voyais avec elle dans plusieurs années, dans une maison à la campagne, avec nos enfants, oui avec le recul...j'aurais aimé avoir des enfants avec elle, une vie remplie et heureuse, j'aurais voulu dessiner pour elle des histoires d'amour, d'amitié, avec des larmes, des bagarres, du sang...de la tendresse. Des choses violentes et douces à la fois. Mais je ne me sens plus la force de le faire sans elle. Je veux qu'elle revienne, je ne veux pas rester seul. Tu me diras que je ne le suis pas car tu es là, car j'ai des amis. Mais...je sais qu'ils partent d'une très bonne intention, qu'ils font leur possible. Mais ils ne m'aident pas comme je le voudrais.
Cette lettre est sinistre. Je l'aime. Je la vois encore courant dehors sur un sol trempé, complètement défoncée, et en train de rire, elle courait, riait, criait qu'elle m'aimait. je ne sais pas comment faire pour tourner cette page si ennivrante, j'en suis accro véritablement. Maintenantn je me dis en fumant ma clope que cet avenir que j'imaginais n'était que chimère, une improbable histoire idyllique. J'ai voulu oublier tout ça autrement qu'avec de l'alcool : j'ai voulu sortir avec une autre fille, mais je n'ai récolté que des regrets, j'ai voulu dessiner de nouveau tableaux mais sans succès. j'ai voulu m'amuser avec elle pour essayer de m'habituer à la voir comme une amie, mais ça n'a fait qu'empirer les choses. Tu crois que je devrai définitivement sortir de sa vie, de la leur? De la tienne? Moi je ne sais pas si je pourrais, tu me manquerais! Ils me manqueraient...elle aussi...elle me manquerait.
Je ne sais pas si tu aimes les changements de saison...moi en tout cas je ne les aimes pas, c'est trop long. Mais même s'ils sont courts je ne les aime pas. Cette relation avec elle m'a propulsé d'été à hiver. Je ne suis plus capable de faire des poèmes, de dessiner ce que je veux vraiment, d'écrire ce que je veux. Mais je suppose qu'il faut que je reprenne appui pour repartir du bon pied...seulement je ne trouve pas encore le bon moment.
Tu sais, je me voyais aussi dans l'avenir comme un mec cool qui aurait réussi à devenir quelqu'un, on aurait fait un barbecue avec tous les autres, avec nos enfants, on discuteraient de notre boulot, de notre famille, et de notre passé. J'aimerais que cela arrive un jour. Mais maintenant quand je me vois dans la glasse avec le visage blafard, les cheveux en bataille, les yeux rouges et gonflés, je me dit que je serais tous seul à faire ce barbecue tout seul chez moi sans amis avec qui partager ma viande, mais aussi sans viande, sans charbon sans barbecue, sans rien à part une tasse de café, des clopes et pourquoi pas une assiette de pates.
Je ne sais pas quoi faire de mon futur, je ne l'imagine pas...je ne veux pas le construire...je ne veux pas le vivre, mais j'aimerais le regarder. Les regarder, comme une comédie romantique à la télé, les voir vieillir et à la fin leur delander ce que ça fait de vivre une vie de famille avec un mariage normal et des enfants normaux qui sont allés à l'école et qui ont pleurer au moment où leur mère les a laisser avec la maîtresse. Et c'est à ce moment que je regretterais peut être de ne pas avoir su me donner la chance de construire quelque chose.

je t'adore, Ton ami.

# Posté le jeudi 16 avril 2009 18:46

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