Dans la campagne profonde de Bulgarie.
La forêt était très dense, une véritable jungle d'arbres aux feuillages et aux racines inquiétantes, certains étaient morts et éventrés, le sol était boueux comme s'il venait de pleuvoir à torrent, mais le soleil brillaient depuis déjà plusieurs jours sur ce pays mystérieux. Au fin fond de cette forêt se trouvait une grotte à peine visible dont l'entrée était insoupçonnable, dissimulée sous les ronces et autres branchages secs et putréfiés. Des os jonchaient le sol et régalaient les animaux sauvages des alentours. Il se dégageait de la sombre entrée une odeur pestilentielle qui semblait attaquer de manière sans pitié tout être vivant, ainsi il semblait normal que les environs de la grotte soient déserts, malheur à ceux qui, trop curieux, s'aventuraient près de la noire caverne. Les parois à l'intérieur suintaient, ce n'était pas de l'eau, mais quelque chose qui ressemblait fort à du sang, qui coagulait et coulaient en continu. La mince fissure qui faisait office d'unique chemin plongeait vers les entrailles rocheuses de la montagne, le sol était couvert d'une épaisse couche de poussière, personne ne semblait être entré depuis des siècles, cependant, on pouvait clairement distinguer des traces de pas sur le sol. Le froid qui habitait la caverne avait glacé le sang sur les murs, au fur et à mesure que l'on s'enfonçait dans les profondeurs abyssales de ce lugubre endroit, on pouvait voir des stalactites d'hémoglobine au plafond. Serpentard marchait paisiblement, le sourire aux lèvres et les mains jointes, les détraqueurs n'étaient pas avec lui cette fois, il voulait venir seul, comme s'il s'agissait d'un pèlerinage que lui seul devait effectuer. La fissure déboucha sur un escalier crasseux et humide d'une bonne centaine de marche. Salazar huma l'air putréfié et expira avec nostalgie en ouvrant grand ses yeux sur le spectacle que lui offrait la caverne : une gigantesque montagne de crânes humains s'offrait à lui, l'endroit était immense et sombre, un reflet vers éclairait l'endroit rendant ainsi la montagne encore plus imposante qu'elle ne l'est. Serpentard saisi un des crânes et l'examina avec euphorie. Il caressait l'os comme un diamant en affichant un regard empli de réconfort.
- Je suis chez moi ! Enfin je suis de retour ! Mes amis...vous voilà en bien piètre état, un millénaire a passé, il est temps que vous repreniez place !
Salazar fit un geste ample du bras et tous les crânes s'envolèrent, de grandes poutrelles de bois apparurent et s'incrustèrent dans la roche, des piliers érodés par le temps sortirent des parois de pierres cachées sous les plantes mortes, et se reconstituèrent comme par enchantement, le sol se découvrait peu à peu et plusieurs stèles funéraires apparurent, au fond de l'immense salle se tenait une gigantesque statue d'un basilic la gueule ouverte, qui déversait une eau verte dans un grand bassin de pierre. C'était la principale source de lumière, comme si le liquide était fluorescent. La vaste pièce ressemblait à l'intérieur d'une cathédrale, les cranes étaient posés par milliers dans les murs creusés comme des reliques donnant ainsi une touche macabre exquise à l'endroit.
- Mes trophées ! Tous les moldus que j'ai tués, utilisé pour mes expériences, ou pour mon simple service. Mais... faisons fi de la nostalgie un moment, il est temps de saluer la famille. Dit Serpentard en se tournant lentement vers les tombes. Ne les faisons pas attendre.
Il fit un revers de main et sa baguette apparut dans un petit écran de fumée ondulante, il toucha toutes les tombes avec et se recula. Elles brillèrent de mille feux un long moment, l'éclat était aveuglant mais le mage ne bougeât pas, ni même ne cilla, les tombes s'entrouvrirent et laissèrent échapper un épaisse fumée noire. Les volutes se concentrèrent et vinrent doucement former quatre colonnes, quatre, comme les quatre tombes présentes. Salazar sourit, devant lui se tenaient deux femmes et deux hommes complètement nus. Soudain, il tomba à genoux, il toussait. Les quatre personnes se précipitèrent sur lui et le relevèrent avec une fraternité sans bornes et une attention émouvante. Ils semblaient avoir un peu plus de vingt ans, ils paraissaient jeunes et robustes, puissants. L'un d'eux était brun, il était très beau et ressemblait quelque peu a Salazar, il avait des yeux gris et un visage blanc, ses cheveux cependant étaient courts et ses canines étaient très développées. L'autre homme était châtain, il avait le même teint que son voisin mais n'avait pas de canines protubérantes, il avait un visage carré et les même yeux gris que les deux autres. Les femmes elles aussi étaient châtain, elles avaient elles aussi les mêmes yeux. Les deux jeunes femmes étaient identiques, leurs longs cheveux ondulés leur arrivaient à la taille et leur visage étaient magnifiques, d'une beauté presque indécente. Elles ne semblaient avoir aucun défaut physique. Des jumelles. L'une fit apparaitre une sorte de trône fait en pierre. Ils firent asseoir Salazar qui suffoquait dessus.
- Alors...ce jour est arrivé ? Dit le brun. Le dernier est mort ?
- Oui...répondit Salazar. Il est mort, il y a environ une... « Cough » (bruit de toux) une vingtaine d'année, mais soyons fiers de lui, il a été un rayon de soleil dans cette époque sombre de cohabitation avec les moldus ! Il en a beaucoup tué !
- Quel homme, j'aurais aimé le rencontrer. Dit une des jeunes femmes.
- Mes chers frères et s½urs, je vous le demande. Rebâtissez mon corps, qu'il soit aussi frais qu'à mes vingt ans. S'il vous plait, je me meure, ce corps ne tiendra pas plus longtemps !
- Naturellement mon frère ! Dit l'homme avec les canines protubérantes. Nous te devons déjà beaucoup tu es si bon avec nous.
Ils pointèrent leurs baguettes vers leur ainé, des jets de lumière semblable à de l'or fondu frappèrent de plein fouet le mage qui hurla de douleur. Puis, sur le trône, à la place de l'homme vêtu de haillons se trouvait un petit enfant d'environ dix ans. Il regardait ses bras et ses jambes, lui aussi était nus. Il paraissait tout de même satisfait. Il se leva d'un bond sous le regard ému de ses frères et s½urs.
- Que tu es beau Salazar. Murmura une des jeunes filles. Te revoilà jeune, comme quand nous étions enfants !
- Oui Azuria. Dit Salazar en la prenant dans ses bras. Nous sommes de nouveau une famille. Phinéus, Niggelus, et toi ma chère Maria ! Mangeons ! Retrouvons les saveurs d'antan...en famille.
- Avec joie mon frère. Répondit chaleureusement Phinéus qui se trouvait être l'homme brun. Je m'occupe de vider de leur sang votre repas.
- Nous passerons les trois prochaines années ensemble. Fit Maria resplendissante. Et d'ici là tu auras retrouvé ton corps de tes vingt ans et une croissance normale.
- Et nous nous vengerons ! Susurra Azuria en berçant son frère qui fermait les yeux tant il était empli de cette douce chaleur réconfortante.
Chemin de traverse, hôtel du chaudron baveur.
Stewart traversait le corridor menant à la chambre qu'il partageait avec Albus, il avait découvert avec horreur que l'hôtel dans lequel il avait prit une chambre avec Enora était le même que celui dans lequel il était avec les autres, et qui plus est, ils avaient dormi dans la chambre voisine à celle de son ami et de son frère. Il s'arrêta devant la porte et la considéra avec une pointe d'angoisse. Il frappa timidement et entra lentement. Une main s'agrippa la porte et l'ouvrit à la volée, Albus attrapa Stewart par le col de sa chemise et le secoua en lui hurlant la figure.
- ON ETAIT MORT D'INQUIETUDE !!!!
- Aargh ! Cries pas j'ai la gueule de bois.
- RIEN A FOUTRE ON T'A CHERCHE PARTOUT AVEC MAI ET JESSICA !!!! ELLES ETAIENT EN LARMES !!!
Il le tira de force dans la chambre et le balança sur une chaise. James était à côté de lui, l'air compréhensif bizarrement. Albus ferma la porte et soupira, il sortit une cigarette de son paquet et la lança à Stewart avant d'en prendre une et de l'allumer.
- Bon c'était pour la forme, histoire que les filles ne nous tombe pas dessus avec des haches.
- Ah...euh.
- On savait depuis le départ que tu étais juste à côté Stew. Fit James sur un ton qu'il voulait des plus calmes. Tu étais avec Enora on ne voulait pas te déranger...surtout que tu avais de bonnes raisons de faire ce que tu voulais...étant donné les circonstances.
Stewart alluma sa cigarette, il se remémora soudain la cérémonie funéraire de la veille et fondit en larmes. Il se reprit vite et afficha un air sérieux.
- On retourne au Terrier ? Demanda-t-il à James.
- Oui. Fit ce dernier en souriant.
- Je fais mes valises, je préviens Enora et on part. C'est le plan ? Dit-il en constatant que la chambre était propre et rangée.
- En effet. On t'attend Stew. Fit Albus. Mon père veut qu'on assiste a une surprise mais cela ne me dit rien qui vaille.
Stewart se dirigea vers la porte, mais avant de saisir la poignée il se retourna.
- Merci...tous les deux...de m'avoir couvert.
- T'en fais pas mon pote !
- Je suis passé par là moi aussi. Répondit James.
Stewart sortit et referma la porte, aussitôt on entendit des bruits de chahut et des hurlements.
- Il semblerait qu'il soit tombé sur Mai et Jessica. Le pauvre. Fit Albus en riant.
- C'est devenu un homme.
- Ouais. Mais il n'est pas au bout de ses peines, ni nous hein ?
- Non, mais on aura eu la chance de le connaitre...notre lointain cousin. Au fait, chez mamie, en plus de la surprise tu auras droit à une grande révélation. Et cela nous concerne tous !
Stewart entra dans sa chambre alors qu'Enora se changeait, il ralluma sa clope éteinte sous les coups de tatane de Mai. Il se posa sur une chaise et regarda par la fenêtre. La jeune fille s'appliquait à mettre son soutien gorge, elle se tourna vers Stewart et hésita un moment.
- Mai sait qu'on a passé la nuit ensemble ? Demanda-t-elle timidement.
Juste à ce moment, Mai entra dans la chambre avec une valise à la main.
- Stew j'ai fait ta valise ! Je te connais tu es un peu....mais ....que... ?
Stewart se tapa le front comme si une énorme catastrophe venait de se produire. Enora était restée immobile et devint toute rouge, elle s'apprêtait à mettre sa chemise. Mai devint toute rouge et des larmes lui montaient aux yeux, elle déposa la valise et referma la porte sans bruit. Stewart se leva mais Enora lui barra la route.
- Je ne pense pas que ce soit le moment tu sais. Dit-elle avec un air désolé. Laissons-là réfléchir.
- Mais...elle va croire qu'on est...
- ...ensemble ? La coupa Enora.
- Non je veux dire, que je suis un salaud, je ne veux pas qu'elle pense que je suis un coureur, je dois lui expliquer clairement notre relation !
-Oui...et bien patientes un peu.
Stewart se rassit et tira une bouffée de nicotine. Il soupira, il s'était fourré dans une sale affaire. Enora finit de s'habiller et sortit de la pièce pour faire sa valise dans la chambre de Jessica et Mai. Le jeune garçon prit la sienne et s'assit dans le couloir. A ce moment, Albus sortit et vit son ami arborer une triste mine.
- L'orage est passé ? Demanda-t-il.
- Non. Ca c'était le calme avant la tempête.
- Ah ? Elle est entrée dans ta chambre ?
- Oui...avec Enora qui se changeait.
- Aie...c'est la misère mon pote. Et quelle était sa réaction.
- Elle s'est mise à pleurer. Rien de bon ne va suivre.
- Oui...on verra ça au Terrier. On est tous prêt à ce que je vois.
James emmena la petite troupe sur le toit de l'hôtel d'où ils prirent un portauloin qui les mènerait directement au Terrier. Stewart ne pouvait s'empêcher de se sentir de retour chez lui. Mrs Weasley les accueillit chaleureusement et commença à leur préparer un repas pendant qu'ils montèrent déposer leurs affaires dans leurs chambres respectives, cependant ils étaient répartis de la même façon cette fois encore. Stewart appréhendait la nuit qu'il allait passer avec Enora et Mai qui d'ailleurs n'avait pas ouvert la bouche de tout le voyage. Il descendit avant le déjeuner dans le jardin et alluma une cigarette.
- Ce n'est pas bon de fumer tu sais Stew ? Fit une voix derrière lui.
Le garçon se retourna et vit avec grand étonnement Scorpius, son ennemi. Il sortit sa baguette et la pointa droit sur lui. Le blondinet ne cilla pas, il se contenta de soupirer.
- Que fais-tu ici ? Beugla Stewart.
- Du calme, je ne suis pas là pour t'ennuyer au contraire, tu le sauras pendant le repas, je dois dire que même Harry Potter était surpris de me voir !
- C'est lui qui t'a fait venir ?
- Non c'est une Auror et le professeur Londubat.
- Bon...si tu es ici c'est que tu n'es pas ici en ennemi. Et puis...on va dire que je te fais confiance pour le moment.
- On se serre la main ? Je te jure que je n'ai aucune mauvaise intention.
Il lui tendit une main que Stewart serra sans cérémonie. Il avait tout de même quelques soupçons sur le jeune Malefoy.
- Et ton père ?
- Il n'est pas au courant, il doit être en train de se déchainer à la maison s'il a apprit que j'ai disparu.
- J'imagine...
- Les enfants à table ! Annonça Mrs Weasley.
Stewart écrasa sa cigarette et la mit dans un des trous qui servaient de maison aux gnomes. Ils rentrèrent et assistèrent à de longues et émouvantes embrassades entre Rose et sa mère, Hermione. Cette dernière, en larme, sauta au cou de Stewart quand il entra, et pleura de plus belle.
- Merci Stewart ! Dit-elle entre deux sanglots. Merci du fond du c½ur !
- Ah...je...de rien. Bredouilla le garçon.
- Merci ! T'es un brave gars tu sais. Lui dit Ron en lui tapant sur l'épaule. J'ai une énorme dette envers toi, tu peux compter sur moi à l'avenir.
Harry fit de même, un grand sourire éclairait son visage, Ginny le prit dans ses bras, elle aussi avait un sourire radieux, Arthur et Molly l'applaudissait, tout comme Hugo et les autres, seule Mai avait l'air peu emballée, elle paraissait distante, ce qu'elle avait vu l'avait choquée. Mais Stewart se remémora les paroles d'Enora et se laisser envahir du su sentiment d'allégresse et fit jouer sa modestie. Ils s'assirent à table, et le repas somptueux que Mrs Weasley avait préparé régalait tout le monde. Harry se leva soudain et tapota son verre obtenant ainsi l'attention.
- C'est un jour merveilleux. Un jour comme on n'en verra aucun autre, je le pense car j'ai une grande nouvelle à vous annoncer, à vous les enfants qui ne savez pas encore de quoi il s'agit. Voilà : rappelez-vous, Godric nous avait dit que la famille de son troisième enfant demeurait encore à Poudlard. Que cette famille qui avait protégé qui avait protégé la branche des Griffin, et des Potter était encore en vie, et bien nous l'avons trouvée ! Il s'agit...de la famille Weasley !
Hugo fit tomber son verre sur le sol qui se brisa, Rose plaqua ses mains sur sa bouche et Albus restait sans voix. Lily pleurait sous l'effet de la surprise, Enora et Stewart ne cillaient pas, quelque part au fond d'eux ils avaient le sentiment de le savoir depuis toujours. Etait-ce dû au fait que des mages légendaires habitaient leur corps ? Ils applaudirent. Jessica quant à elle ne comprenait pas trop ce qu'il se passait, elle n'arrivait pas à réaliser qu'elle était la petite amie d'un descendant du grand Godric Gryffondor.
- Nous sommes une très grande famille mes amis ! Continua Harry. Et c'est un grand bonheur de l'être. Mais j'aimerais vous annoncer une autre nouvelle, toute aussi importante ! Mais je laisse le soin à notre jeune invité de nous la faire savoir.
Scorpius se leva, le silence se fit. Albus regardait fixement cette personne qu'il considérait également comme son ennemi, tout comme Stewart et Mai. Il s'éclaircit la gorge.
- Aujourd'hui est un grand jour, et je ne veux pas le gâcher, aussi je vous explique la raison de ma présence ici. J'ai décidé de rejoindre l'Ordre du Phoenix.
Albus, Stewart et Mai s'étouffèrent avec leur jus de citrouille, Jessica s'évanouit, c'était trop d'émotions pour elle. Scorpius reprit.
- Bien que je sois trop jeune pour me battre, je dispose d'un statut spécial et de nombreuses informations. Je sais tout de cette histoire à propos des fondateurs, et je veux y mettre un terme car je suis...le réceptacle de Serpentard.
Jessica qui venait de se réveiller retomba aussitôt dans les pommes. Albus et Stewart écarquillaient les yeux sous l'effet de la surprise.
- Je ne suis pas comme mon père. Il a fait tant de mal autour de lui, et puis cette manie de prôner la pureté du sang...je ne la comprendrais jamais. J'aurais voulu être à Gryffondor si je n'avais pas eu peur de subir les représailles de ma famille, mais il en a été autrement. Alors...je suis désolé pour tout ce que j'ai pu vous faire endurer Stewart, Albus, Mai...je vous demande pardon pour ce que j'ai fait, car même si c'était pour donner une image de moi qui ressemblait à celle de mon père, je n'ai aucune excuse. J'espère que vous accepterez mon aide.
Il se rassit, le silence demeurait et Scorpius semblait de plus en plus gêné. Mai toussota et se leva à son tour.
- Je te pardonne moi. Dit-elle avec un sourire. Et j'accepte ton aide.
- Moi aussi. Dit Albus que ne se leva pas.
- Ne nous considérons plus comme des ennemis, mais comme des alliés. Renchérit Stewart.
Scorpius eut un léger sourire, le déjeuner reprit dans une ambiance festive et l'alcool coula, si bien que Ron et Harry se mirent à chanter une vieille chanson du choixpeau magique. A la fin du repas, les enfants allèrent sur la colline, où Stewart et Albus s'étaient battus auparavant.
- J'aimerais savoir pourquoi on dort dans la même chambre Scorpius et moi ! Fit Albus un peu déçu.
- Je te gène ? Demanda l'intéressé.
- Non...En fait je suis plutôt content...elle ne me lâche pas. Chuchota-t-il en désignant Jessica d'un hochement de tête.
- Je me ferai discret. Dit Scorpius avec un sourire.
- Je pense qu'il est temps. Dit Stewart.
Tout le monde se retourna vers lui avec un regard inquisiteur, mais ce n'était pas Stewart, Godric venait de faire surface et sortit un couteau de sa poche. Albus, interloqué allait demander ce qu'il allait faire avec, mais Enora lui intima l'ordre de ne rien dire. Scorpius avait la main sur sa baguette, il s'attendait à tout.
- Ah...ne vous en fait pas, au fait bonjour Scorpius, c'est un très gros avantage de te savoir parmi nous ! Je ne te ferais pas de mal, je veux juste me libérer.
- Te libérer ? Demanda Jessica.
- Oui regardez bien.
Il s'entailla le poignet droit et fit couler du sang sur sa bague à l'auriculaire gauche. Elle se mit à briller faiblement et Godric récitait une longue formule en murmurant. Elle brillait de plus en plus, et soudain un éclair tomba du ciel et le frappa de plein fouet. Tout le monde sursauta et tomba à la renverse, horrifiées Mai et Jessica hurlèrent. Mais, s'attendant à voir Stewart carbonisé, elles virent deux personnes. Stewart avait toujours sa bague au doigt, il n'avait pas compris ce qui venait de se passer. Un individu vêtu d'une cape rouge et or se tenait dos à lui, il s'étirait. Albus et Scorpius poussèrent un cri de surprise.
- je suis de nouveaux en vie !!! Ca fait du bien. Dit la personne.
- C'est toi ?...Godric ? Fit Stewart incrédule.
- Ouais ! En chair et en os mon ami !
Albus se posta devant le mage et l'examina à la grande surprise de ce dernier.
- Mais...comment ?
- Oh ! Et bien tu vois la bague que porte Stew...c'est une horcruxe ! La mienne. Je l'ai faite avant de mourir afin de récupérer mon véritable corps un jour. Stew tu as récupéré ta vie privée ! fit Godric avec un sourire.
Stewart considéra la bague un moment, il la caressa et la retira de son doigt. Et il remarqua à l'intérieur de l'anneau un lion dressé sur ses deux pattes arrière avec la gueule grande ouvert, comme s'il rugissait. Il regarda de nouveau Godric.
- Je n'ai plus de pouvoirs ?
- Si bien sûr. Dit le mage un peu étonné. J'ai laissé une empreinte en toi, tu auras toujours une partie de mes pouvoirs. Mais vois-tu...
Il s'interrompit et posa une main sur l'épaule du jeune garçon.
- ...Mon corps est éphémère, il ne durera pas beaucoup de temps, tout au plus trois ans.
- Et ensuite tu...
- Oui je reprendrais place dans ton corps.
- Et il souffrira à nouveau ? Comme la première fois ? Demanda Mai au bord des larmes.
- Trop expressive pour un ninja ! Remarqua Godric. Mais non, cette fois il ne souffrira pas.
Mai se refrogna, sûrement se sentait-elle indignée par la remarque de Godric, mais ce dernier n'y prêta pas attention. Il respira l'air frais, l'air détendu. Mais il se reprit bien vite et afficha un visage excité, il semblait réjouit.
- Stew ! Mon pote ! Nous partons !
- Partir ? Fit Mai incrédule. Et Serpentard ?
- J'ai comme l'intuition qu'il se tiendra à carreaux pour le moment...du moins s'il ne sait pas où se trouve son réceptacle.
Tout le monde se retourna vers Scorpius qui comprenait parfaitement la situation. Il ne semblait pas choqué, il paraissait s'en ficher à un point monumental. Il soupira.
- On n'a pas le choix...je vous accompagne.
- Mais oui ! Comme ca Salazar ne pourra pas vous localiser vu que vous serez en mouvement. S'exclama Albus.
- Nous devons partir...Enora, Stew, Scorpius. Faites vos bagages. Ne prenez que le strict minimum.
- Attendez !! Cria Mai. On se calme ! Pourquoi devez-vous partir ?? Je comprends pour Scorpius, mais il est bien protégé ici non ?
Godric posa une main sur son épaule, mais elle la repoussa violemment. Elle était devenue vraiment antipathique. Stewart voulu prendre la parole, mais Enora lui fit un signe de la tête comme pour lui faire comprendre que ce n'était pas le moment.
- Mai, comprends-les voyons. Fit une voix grave derrière la jeune fille.
- Je vois que tu sais de quoi je parle Harry. Fit Godric avec un petit sourire complice.
- Tu compte aussi les former ? demanda le survivant.
- Tout à fait. Et j'ai des raisons de penser que Salazar va se mettre à chercher son petit réceptacle avec plus de hargne qu'avant.
- C'est certain...Vous partez quand ?
- Ce soir, nous allons en France, les terrains de Carnac sont calmes, je pense que nous pourrons aller camper là bas.
- Il vous faut une tente ? J'en ai une très bien...
- J'ai tout ce qu'il nous faut. Dit Scorpius, je m'attendais à dormir dehors en venant ici, j'ai donc faucher une tente à mon père.
- Bien joué petit. Fit Godric avec un sourire.
Stewart ne défit pas sa valise et Enora non plus. Albus passa l'après-midi avec son ami sur la colline, enchaînant clope sur clope. Ils échangèrent de dernières paroles d'adieu le soir même.
Stewart eu droit à une longue étreinte de Mrs Weasley et a un canard en plastique de la part de son mari, Ginny et Hermione l'avaient serré dans leurs bras encore en guise de remerciement pour la petite Rose. Qui de son côté embrassa Stewart sur la joue avec un air extrêmement gênée.
- A plus tard ! Fit Godric en secouant la main d'Harry.
- On se reverra quand ?
- Au moins dans deux bonnes années !
Il riait, mais tous les autres écarquillèrent les yeux. Albus ne put s'empêcher de verser une larme, et Mai bailla pour feindre les siennes qui commencèrent à couler. Ron resta bouche bée, Hermione lui tapa le haut du crâne pour lui faire comprendre à quel point il avait l'air bête.
- Il est temps Godric. Fit Rowena en lui tirant la manche.
- Oh oui excuses-moi.
- Stew tu nous écriras hein ? Lança Mai qui venait enfin de parler.
- Pas de soucis ! Shiro est avec moi !
- Attrape Stew ! Dit Albus en lui jettant un objet rectangulaire et mécanique. Tu l'as « oublié ».
C'était un zippo, avec un hippogriffe gravé dessus, il bougeait et battait des ailes. Stewart lui envoya un magnifique sourire en guise de remerciement.
- Merci ! Je croyais l'avoir perdu.
- On y va les enfants ! Fit Godric.
Ils transplanèrent.